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O.V.N.I

Objet Visuel Non Identifié n° 023. OUKAIMDEN. 2017

O.V.N.I : Objets visuels non identifiés 



IZD TITZRIT ?
(l’as-tu vu ?)

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Oukaimeden, Aoukai n mden, la traversée des Hommes, imazighen, ou autres personnes vers le sud, le sahara, l’au-delà du Sahara, les ruées vers l’or et les  nègres ; ou pour descendre vers le bas, le ventre, Al kerch, d’où les mots, tamdiazt, poussent des branches de la langues, Izlan.

Or le sommet est dressé vers le Haut, comme les baïonnettes des colons et les doigts du Makhzin ; Aabid Alboukhari.

Oukaimden est l’utopie de l’ascencion, l’élévation vers l’au-delà, Wissa ignwan (le septième ciel), L’apothéose de Hamou Ounamir, l’anti-Orpheús.
Oukaimden : STARGATE.

Le ciel ouvert et nombreuses sont les portes (وَفُتِحَتِ السَّمَاء فَكَانَتْ أَبْوَابًا: L’Isra et le Miraj, le voyage nocturne et l’ascencion, et ceci pour lui montrer certains des signes des signeurs. Risalat al-ghufran ou l’épitre du pardon ; s'il n'y avait pas d'humanité dans un ciel, au-dessus de nous,Il n'y aurait pas d'ange sur la terre, ni dans ses profondeurs. Ou la Divina Commedia au couchant extrême Al Maghreb Al Aqsaa. L’atlas. Tugg Akal (Toubkal), le sommet de la terre.

Ainsi Hamou Ounamir, cette vieille légende des montagnards, mden n’ Adrar, a aimé un être venu du ciel. Tanirt (être de lumière). Il a fait le grand voyage et à chaque porte des cieux un de ses doigts est une offrande.

-       Izd Tzerit ? (l’as-tu vu ?)
-       Manwa ? (qui ?)

Abhatou ‘an Barbari (je cherche un ‘‘barbari’’). Un Barbari appartenant à la terra incognita. Le Berbère. Indigène. Primitif. Inexistant. Oublié. Ignoré. Sa culture taxée de culture non-savante, culture produite et consommée dans le cadre des espaces sociaux marginaux, une culture dominée dans la mesure où elle occupe le bas de l’échelle sur le marché des biens symboliques. Un capitalisme de culture. Une continuité impériale.

-       Izd Titzerit ?
-       Mayga ? ( quoi ?)

Il n’y a pas lieu de se déranger pour ce qui n’existe pas, même s’il existait, ce « Barbari », il ne peut être que d’origine Arabe aussi. L’image et son négatif. Un Berbère vu par l’Arabe. A l’ombre du français. Perdu.

Maintenant perdu dans les cartes postales. Les clichés des touristes. Les touristes en quête de culture. Cultures. Produits culturels. Car la culture a disparu dans le Spectacle. Le Centre commercial. La téléréalité. les débats présidentiels. les images.Il devient statute, image d’une statue, une statue morte.  

Les touristes, quoiqu’ils font, ils comprennent pas ce qui se passe, ils sont fantômes qui hantent les ruines, et chassent les habitants, le douar devient ruine, et l’Agdal disparaît, meurt, s’éteint. La maison Tigmmi est abondonnée. La mère oubliée. Les artistes disciples d’orientalistes, comme les photographes, agissent dans l’ombre des touristes.

Les véritables racines du tourisme se trouve dans la guerre. Le viol et le pillage étaient les premières formes du tourisme, et les premiers touristes suivrent directement les sillages de la guerre comme des vautours humains triant dans le carnage du chant de bataille pour des images.

L’artiste est un vauteur. The Hunter. Un chasseur. Le Paparazzo.

Les touristes et les artistes se nourrissent entre eux. L’artiste est déchiré et il finit par oublié ou prendre plaisir, se payer, se vendre, vendre des cadavres, des images. La culture.

Les objets naissent et meurent, l’exposition est un cimetière. Un sarcophage.

There is no need to hear your voice, when I can talk about you better than you can speak about yourself. No need to hear your voice. Only tell me about your pain. I want to know your story. And then I will tell it back to you in a new way. Tell it back to you in such a way that it has become mine, my own. Re-writing you, I write myself a new. I am still author, authority. I am still the colonizer, the speaking subject, and you are now at the center of my talk.

L’artiste est l’auteur. L’artiste agit dans l’ombre du colonisateur. Il sert la parole, définit l’imaginaire, crée le regard !

Et pour le colonisé, devenu décolonisé, la vie ne peut surgir que du cadavre en décomposition du colon. La décomposition de son discours, ses images et objets et les images d’objets. Car Il existe, enfin, d'autres possibilités d'influence et d'échanges entre les peuples que la domination.

-       Izd Titzerit ?
-       Mayga ? (Quoi ?)

Je suis invisible, tout simplement parce que les autres refusent de me voir.

-       Izd Titzerit ?
-       Mayga ? (c'est quoi ?)

OVNI, Objet visuel non identifié. C’est un objet vivant, il a une biographie, que nous devons écrire ou lire. C’est l’allégorie du corps étrange, étranger. Le corps du colon. Du commerçant. Le corps du collectionneurs d’objets rares, précieux à ses yeux. De l’antiquaire. L’image du conquistador. Al Fateh. Celui qui ouvre les portes, construit les chemins de fer, les routes vitales et les autoroutes, les ports, les aéroports, la logistique, et qui permettent le transport d’autres objets, dans les deux sens. Les objets naturels pour les changer contre d’autres objets ornés, par des images. Ce mouvement de déplacement nourrit le Capital. Et mit en place un système de dépendance. Un processus d’appauvrissement de la périphérie et l’enrichissement du centre. Le centre du pouvoir par culture. L’artiste se trouve dans les mêmes circuits.

La littérature ufologique est créée à l’image de l’homme destructeur, sur lui-même, sur ses peurs. L’Alien n’est qu’un néo-Colombus. Un colonisateur de bon ou de mauvaise foi, mais qui légitime sa barbarie par son discours artistique et scientifique.

L’objet extraterrestre ici est le négatif ou l’image même du colons. Un défoulement de la peur des indigènes disparus dans les hauteurs l’Adrar, l’Oukaimeden, après avoir réaménager l’Agdal, chasser quelques pasteurs, recruter d’autres pour des travaux, d’autres comme guides, ou dos de mulet.

Beyond the fiction of reality, there is the reality of the fiction. Ainsi qu’un groupe de jeunes sportifs français se reposaient dimanche soir ( donc le 13 juillet 1952) vers 22 heures à l’Oukaimeden, station des sports d’hiver située dans le haut Atlas à 35 km à vol d’oiseau au sud de Marrakech, devant le chalet de service de la Jeunesse et des Sports dont la terrasse domine le plateau de l’Oukaimeden, quand ils aperçurent soudain un objet ayant la forme d’une ovule blanche de la grosseur de la pleine lune, volant horizontalement du nord est au sud ouest, qui bientôt se partageant en trois tronçons, ressemblant à trois wagons lumineux attachés à la même rame. L’engin disparut derrière un des sommets de la station. (Jimmy GUIEU: "Les S.V. viennent d'un autre Monde" Fleuve Noir 1954 - Réédition Omnium Littéraire 1972 p. 63)

-       Izd Titzerit ?
-       Mayga ? (c’est quoi ?)

Le petit berbère murmure au tourist, une langue qu’il ne comprend pas, il ne fait pas d’effort pour la comprendre, c’est une langue étrange, primitive, lui qui vient du monde civilisé.

L’image bloque, le referme dans sa coquille, dans son fantasme.

Le petit berbère, qui n’a plus rien, murmure au tourist : yan ozerou (un caillou, un rocher d’Oukaimden), un fossile, une coquille à vendre. Ce n’est pas cher. C’est à vendre. Ce n’est pas cher.

Le capitalise veut sous-traiter, se délocaliser. Le tourist cherche le bon marché et finit par aimer, donner de l’aumône, du bakchich, achète un riad, une maison Taddart, donne des vêtements, et décide de rester par ce qu’il est privilégié.

-       Izd Titzerit ?
-       Manwa ?

L’OVNI, est l’objet inconcevable, inaperçu, ignoré. L’objet négligé. Le Berbère créé par l’Arabe. le Berbère est  réduit à un objet. Un objet du Maroc inutile. C’est un objet inutile. Le nationaliste arabe est aussi un objet. Opprimé. Une image créée par le colon, et décide d’opprimer son alter, le barbari. Discriminer pour mieux régner. Le complexe de Néron.

L’Arabe reproduit sans cesse les images dont il a été victime. Il use la même arme. C’est l’image de l’Arabe vêtu en tourist. L’autre berbère vêtu en tourist. L’artiste national qui agit dans l’ombre du tourist.


-       Izd Titzerit ?
-       Manwa ?


L’ovni, est l’objet industriel, importé, l’enveloppe des produits de civilisation capitaliste, l’ordure,  les enveloppes des marchandises, la marchandise, les boîtes de conserve, les canettes. Les outils, la technique. Les objets du quotidien. Ces objets de substitution qui remplace la technologie locale du manger, de l’habitat, de la communication...

Cet objet est insoluble et indigestible. Sa présence dans le paysage est une anomalie. mais encore inaperçu, ou ignoré, ou sa considération est procrastinée tant qu’il y d’autre priorité, ou un détournement.

Il est déchet. L’objet en camouflage. En métamorphose.


Objet Visuel Non Identifié n° 001. OUKAIMDEN. 2017





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Une partie de ce projet a été développé dans le cadre de l'atelier du Projet SMArt Mountains Art Program et  ESAV Marrakech, Encadré par l'Artiste Btihal Remli (Oukaimden 2017).